2012
Corps neuf. Graphies en renaissance

60e semaine de culture graphique
Spécial soixantenaire !

Les idées rêvent de venir au monde. La typographie les enfante. L’écriture s’incarne tout autant que le corps s’écrit : identité, gestuelle, inscription, cosmétique ou prothétique, constitution de soi et relation avec l’autre se jouent dans notre intimité des signes. Ceux-ci en témoignent sans cesse, en nous soutenant ou en nous trahissant.

Cette incarnation nous rappelle notre vraie nature, l’écriture ; avec aussi ses saisons, ses cycles et ses renouvellements. Dans le corps de l’écrit se sédimentent les traces de l’histoire, de ses blessures, de ses plaisirs, de ses déclins et de ses renaissances.

Corps neuf : au moment précis où la métamorphose numérique de l’écrit pose question à tous, à Lurs du 19 au 25 août 2012, typographes, graphistes, artistes et chercheurs mettent ensemble le doigt sur l’essentiel, retraçant au passage soixante années d’examen des formes de l’écrit et de partage de savoir-faire.

Les intervenants

Le communicateur graphique est aux premières loges pour influencer l’empreinte écologique des marques, des imprimés et des emballages. En s’inscrivant en amont du processus, il doit, plus que jamais, faire des choix éclairés qui impliquent non seulement les choix de matériaux, de fournisseurs, de canaux de communication, mais aussi les stratégies de création intégrant les notions fondamentales du développement durable et de l’écoconception. Aux prises avec une explosion de la consommation, le designer doit s’adapter à un nouveau paradigme environnemental où l’apathie n’est plus une option. Il doit maintenant faire partie de la solution…

Marie Reumont est fondatrice et directrice générale de PACT. Elle a été directrice artistique au sein de plusieurs studios de design graphique à Montréal (TM Design, Apex, Ardoise, Orfé, Cabana Séguin) et à Paris (Landor et Pixelis). Elle a aussi été associée au studio montréalais Origami pendant plusieurs années. Elle a travaillé à la conception de projets d’identité visuelle, d’emballage et d’édition corporative.


Isotype (International System
of Typographic Picture Education) a été développé par Otto Neurath et ses collègues à Vienne dans les années 20 et 30. En utilisant des pictogrammes simplifiés comme éléments de communication, il a contourné le langage verbal et créé un potentiel pour les échanges internationaux autour de corrélations biologiques, sociales et économiques.

Christopher Burke est typographe, dessinateur de caractères et historien du design graphique. Il est l’auteur de Paul Renner: the art of typography (1998) et Active literature: Jan Tschichold and New wphy (2007).


Personnage impressionnant :
érudit, théologien, auteur, traducteur, Dom Sylvester Houédard est membre actif du mouvement international de la poésie concrète/visuelle pendant les années 1960 et 1970. Son outil principal de création : une machine à écrire, l’Olivetti 33. Activiste et théoricien avec Ian Hamilton Finlay du courant britannique.

Typographiste, lursien depuis 1963, spécialiste dans l’édition et le design d’information, Roger Smith a enseigné la typographie, la sémiologie graphique, la théorie et l’histoire du design à Liverpool, Coventry, Londres et ailleurs pendant des années.


Un usage abusif du -, du /, du , du 0 et du o sur le logiciel Graphitec fut à l’origine du premier épisode des 11 000 verges d’Apollinaire que le Minitel diffusa sur le 3615 union. Les épisodes qui suivirent, créés et produits par jet7 (société fondée par Stephen Belfond et Bertrand Dietz) firent exploser les serveurs d’Hachette Filipacchi Télématique. La série suivante, Justine de Sade, parfaitement fidèle au texte, fut suivie par deux millions de minitélistes avant d’être censurée. Le 30 juin 2012, s’est achevée l’aventure du Minitel. Elle fut le laboratoire d’Internet. On compte sur les doigts d’une main les usages de la Toile qui n’ont pas été expérimentés sur Minitel.

Entrepreneur et créateur d’entreprises, pionnier des services en ligne (du dessin animé sur Minitel à la première application iPhone/iPad multimédia pour une exposition), mais aussi éditeur multisupport (fondateur et directeur des éditions Gutenberg et de i-Gutenberg, société spécialisée dans les produits culturels numériques « enrichis » sur smartphones et tablettes) Stephen Belfond est un expert reconnu dans l’édition de produits culturels en ligne et consultant expert auprès de directions générales pour des groupes culturels (Gallimard, Flammarion, Réunion des Musées Nationaux, Institut de France, etc.).


Patrick Paleta

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En déplacement

Librement inspiré du projet des Augustaux de Louis Perrin, Patrick Paleta nous expliquera le processus de conception du caractère typographique Confluence TCL destiné à la nouvelle signalétique des transports lyonnais (TCL) en évoquant les contraintes d’espace et de lisibilité spécifiques aux supports de signalétique urbaine (panneaux, écrans, cartes).

Patrick Paleta Après une formation en création typographique à l’école Estienne, il entre à l’École nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris en post-diplôme édition-presse. Il fonde le studio Chevalvert en 2006 avec lequel il réalise de nombreux projets de signalétique, d’identité visuelle et de design typographique. Passionné par les problèmes liés au transport, au repérage et la clarté de l’information, il collabore avec l’agence Attoma design sur de nombreux projets liés aux systèmes de guidage transports. Il est co-fondateur du Bureau des affaires typographiques.


Jacques Monnier-Raball

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Corps neuf

Page ou écran, la surface d’inscription n’est jamais qu’un champ clos dans lequel le scripteur  – dessinateur de caractère, typographe, écrivain – engage un corps à corps avec la lettre : une affaire de caractère. Or la modernité n’a jamais fantasmé que la table rase, préalable à toute invention : « Nu.Neuf.Total », tel doit être le corps de la lettre, tel doit être le corps du scripteur.

Jacques Monnier-Raball est né à Lausanne en 1932. Licence ès lettres (littérature française et géographie) à l’UNIL. Directeur honoraire de l’ECAL. Essayiste, critique d’art. Nombreuses publications, dont Le Parti pris d’une peinture, Visées, Félix Vallotton, Simuler/Dissimuler, Autour de l’électricité, Dentelle et dynamite, Un Homme de parole, etc. Collaboration à des périodiques : XXe siècle, Les Cahiers du symbolisme, Itinéraires, etc.


La création typographique est en pleine mutation, encore une fois ! Évolution des usages, des supports, des outils de création… En juin 2012, les Rencontres de Lure ont questionné une cinquantaine de dessinateurs de caractères français. 27 d’entres-eux ont répondu et évoqué la pratique de leur métier, les influences, l’inspiration, la formation, les usages, la diffusion, l’économie, et les nouveaux enjeux de la création typographique contemporaine. Sandra Chamaret et Olivier Nineuil présenteront une synthèse illustrée de ces témoignages passionnants. Certains dessinateurs présents participeront à la discussion.

Sandra Chamaret co-anime l’atelier de design graphique Grand ensemble. Membre actif des Rencontres de Lure et enseignante en Didactique visuelle à l’ESAD de Strasbourg, elle initie des expositions et des publications issues de recherches historico/typographiques.avec Olivier Nineuil


Du lettrage traditionnel de logo
et marques vers la calligraphie pour la mode et le tatouage, Ale Paul nous racontera comment il a remonté le temps pour adapter d’anciennes techniques aux nouveaux outils, mélangé des formes classiques aux technologies de pointe, comment il se réjouit chaque jour d’appréhender le neuf, et comment il a créé sa propre niche dans le monde de la typographie.

Ale Paul est l’un des fondateur du projet Sudtipos, première fonderie collective en Argentine. Il est le représentant de l’Argentine à l’ATypI. En 2012, sa police de caractère Piel script a été plébicitée par Letter2. Il a reçu quatre certificats d’excellence du Type Director’s Club de New York et plusieurs récompenses de la biennale de typographie Tipos Latinos. Il enseigne la typographie au programme de Master de l’université de Buenos Aires, où il avait précédemment enseigné le design graphique. Il anime des workshops, donne des conférences partout dans le monde et son travail a fait l’objet de nombreuses publications.


L’Hypnerotomachia Poliphili, œuvre anonyme au titre imprononçable, à la lisibilité indigeste et à l’intelligibilité utopique mérite son titre de plus beau livre du monde. En étudier les différentes versions parues au fil des siècles fait naître le sentiment que les Poliphiles furent un projet livresque exceptionnel, nouveau et réussi. Une somme de connaissances et de sentiments éternels fondue en quelques 478 pages de lettres et d’images. Un livre dont la présence étourdissante et quasi-abyssale est telle que même si nous ne le possédons pas nous saurons toujours qu’il existe.

Jean-Baptiste Levée est créateur de typographies spécialisé en caractères exclusifs d’entreprise. Il est co-fondateur du Bureau des affaires typographiques, première société française de création et de distribution de caractères sur Internet. Diplômé de l’école Estienne, il a conçu plus d’une centaine de caractères pour l’industrie, le cinéma, la mode et l’édition. Ses créations font partie des collections du musée de l’imprimerie de Lyon et du Klingspor Museum à Offenbach (Allemagne). Il est également le délégué national pour la France auprès de l’ATypI et enseigne la typographie à l’École supérieure des arts & médias de Caen-Cherbourg et à l’IUT de Corte. Il est le président de la Zone opaque, fabrique de livres à Pantin.

D’un côté un danseur aguerri aux salles obscures, un danseur de plateau, et de l’autre une pelleteuse, machine faite pour casser, creuser, construire. L’idée de départ était de relier un monde « du dedans » et un autre « du dehors », l’un sophistiqué, l’autre urbain. J’ai cherché une musique pour unir ces deux « opposés », pour créer un véritable duo d’amour, romantique par certains côtés et reposant sur des valeurs presque académiques. Le tout pourrait être un poème, un hommage à l’amour, au mouvement, au monde toujours en construction, aux hommes et femmes qui contribuent à ce qu’il tienne « debout » bien au-delà des croyances, du désir de mort et des lieux communs.

Dominique Boivin est chorégraphe, fondateur et directeur artistique de la compagnie Beau Geste, créée en 1981. Il découvre la danse contemporaine avec Carolyn Carlson et se forme à New York avec Merce Cunningham, Douglas Dunn, Lucinda Childs et Meg Harper. Il alterne un travail de chorégraphe et d’interprète au sein de différentes compagnies. Ses dernières créations explorent des univers très diversifiés avec Aqua ça Rime ?, événement en piscine, Transports Exceptionnels, duo pour une pelleteuse et un danseur, À quoi tu penses ? pièce chorégraphiée sur des monologues de l’écrivain Marie Nimier.
Dominique Boivin est chorégraphe, fondateur et directeur artistique de la compagnie Beau Geste, créée en 1981. Il découvre la danse contemporaine avec Carolyn Carlson et se forme à New York avec Merce Cunningham, Douglas Dunn, Lucinda Childs et Meg Harper. Il alterne un travail de chorégraphe et d’interprète au sein de différentes compagnies. Ses dernières créations explorent des univers très diversifiés avec Aqua ça Rime ?, événement en piscine, Transports Exceptionnels, duo pour une pelleteuse et un danseur, À quoi tu penses ? pièce chorégraphiée sur des monologues de l’écrivain Marie Nimier.


David Castrec

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Vox Archivii

Pour le 60e anniversaire des Rencontres internationales de Lure, David Castrec présentera les archives de Maximilien Vox et celles de Roger Excoffon parmi d’autres fonds de graphisme déposés à l’Imec (Institut Mémoire de l’édition Contemporaine). L’occasion de mettre en valeur deux fonds d’« archives vivantes » de deux figures majeures du graphisme et de la typographie du siècle dernier, productions qui s’inscrivent dans la perspective du commencement pour la recherche.

David Castrec, archiviste à l’Imec depuis 2002,
a pour mission de concevoir et de développer des instruments de recherche pour les fonds d’archives relatifs aux métiers du livre : éditeurs, graphistes, typographes, agents littéraires… Entre autres, il a eu en charge le traitement archivistique des fonds de maisons d’édition, notamment Georges Crès, Le Seuil et Hachette, auquel vient s’ajouter la restitution de la production des bibliothèques historiques d’éditeur telles celles de la Librairie Hachette ou des Éditions Nathan, etc. Parallèlement, il a la responsabilité de fonds plus spécifiquement axés sur les métiers des arts et techniques graphiques, comme les fonds Maximilien Vox ou Roger Excoffon.


Thomas Huot-Marchand

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Anatomies comparées

Thomas Huot-Marchand détaillera l’anatomie de plusieurs caractères inédits, en s’arrêtant sur leurs structures, leurs origines et les conditions de leur développement. Il évoquera à cette occasion les questions récurrentes qu’il aborde dans sa pratique du dessin de caractères, et de quelle manière elles alimentent sa production graphique.

Thomas Huot-Marchand (1977) vit et travaille à Besançon, où il a enseigné à l’école des Beaux-Arts entre 2002 et 2012. Il a développé à l’Atelier National de Recherche Typographique (ANRT) le Minuscule, un caractère pour les très petits corps, qui a été primé par le Type Directors Club de New York. Pensionnaire à la Villa Médicis en 2006-2007, membre de l’Alliance Graphique Internationale depuis 2010, il prendra en octobre 2012 la direction de l’ANRT, qui rouvre ses portes à Nancy.


Olivier Nineuil

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Corpus typographicus

Je devais présenter ma conférence en duo, avec ma fille, Paloma (2 ans et demi). Revenir à l’âge de mes 5 ans. Réapprendre un nouveau langage qui mélangerait le dessin et l’écriture. Finalement, je parlerai de mes carnets intimes, dans lesquels, j’écris, dessine et accumule un corpus typographique très personnel. De l’invention d’un langage, la « typométrie », qui réunit le corps, l’âme et l’esprit dans une écriture réhumanisée. Une typographie corps et âme ! Rien que ça. Ars longa, vita brevis !

Olivier Nineuil est dessinateur de caractères typographiques, à Paris. Il est le fondateur et l’animateur de Typométrie, un atelier spécialisé dans la création de typographies sur mesure, pour des artistes, des auteurs, des éditeurs, des institutions, des entreprises.Il est également auteur, éditeur, enseignant et animateur de workshops sur la création typographique.

Les mots ont leur importance qui désignent d’emblée le livre associé au corps, à commencer par ce mot même de « corps », soit la taille d’un caractère d’imprimerie. Colonne, en-tête, en-pied, nerfs, dos, coiffe, main, nain, œil, tête… sont les mots d’un vocabulaire organiquement lié au livre et traduisant la corporéité immédiate du livre.

Marc Perelman est architecte DPLG de formation. Il est actuellement Professeur en esthétique à l’Université Paris Ouest-Nanterre La Défense. Il a créé et dirigé Les Éditions de la Passion de 1986 à 2004. Aux éditions Verdier, depuis 2004, il est le directeur de la collection « Art et architecture » ; il dirige également une collection aux Presses de Paris Ouest, « Livre et société ».

L’application prototyp-0 s’efforce de faire le pont entre deux univers basés sur des sytèmes : le dessin de caractères et le processus automatisé. Si ces deux domaines peuvent sembler opposés tant dans leur forme que dans leur histoire, ils reposent tous les deux sur un même principe : la définition de règles.

Sorti en 2010 des Arts décoratifs de Strasbourg, Yannick Mathey, spécialiste en rien mais curieux de tout, tente de tisser des liens entre graphisme et interaction, artisanat et automatisation.


François Caspar

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Engagement graphique

Le design, ses mutations, son avenir : état des lieux de notre corps de métier. Comment les changements des dix dernières années dans les besoins et l’offre du design influencent nos pratiques professionnelles ? Quelles peuvent être les pistes pour que les professions du design atteignent enfin en France le niveau de reconnaissance digne d’un pays évolué et leader ?

François Caspar est designer de messages, affichiste, cofondateur de l’Alliance française des designers et fondateur-chercheur de Moneydesign.org qui édite le guide de tarification du design CalKulator.com

Changer de sexe, c’est-à-dire inverser l’ordre établi du féminin et du masculin, des sexes et des genres, n’est pas accueilli comme un choix raisonné ni sensé. FT*/ MT* a donc eu pour ambition de permettre la compréhension des opérations de chirurgie génitale pour les personnes trans, en adoptant un positionnement objectif, dégagé de toute connotation morale. Le rôle de ce projet n’est ni d’encourager un passage à l’acte ni d’omettre les revendications trans, il s’agit de visibiliser les potentialités corporelles permises actuellement par la médecine. La construction et la déconstruction du genre existe alors par l’image même ; il s’agit ainsi de disposer de son corps au travers d’une nouvelle représentation.

Hélène Mourrier, 24 ans, est diplomée d’un BTS Communication visuelle et d’un DSAA Design d’Illustration scientifique de l’école Estienne. Elle écoule à présent ses jours aux Beaux-Arts de Paris, dans les ateliers Burki & Poitevin, à faire de la céramique, du graphisme et du dessin.

En concevant des ponts entre la psychologie cognitive, la perception visuelle et la typographie, Sandrine Nugue cherche à comprendre la forme des lettres. À travers ses recherches, elle souhaite favoriser le confort du lecteur lorsque cela est nécessaire et chahuter ses habitudes lorsque cela est possible.

Sandrine Nugue. Naturellement née primate (1985), culturellement devenue lectrice (1991), son intérêt pour les signes l’a conduit au graphisme (2006-2011). Son vice pour le détail, l’amènera au dessin de caractères (2011-2013).


Aujourd’hui l’écriture, cette compétence complexe, réunit des psycholinguistes, des psychologues, des neuropsychologues, des spécialistes du contrôle moteur, de l’intelligence artificielle, des sociologues… Écrire c’est par ailleurs livrer une partie de soi-même, faire sortir de soi plus que la reproduction de formes codifiées. Savoir reproduire ces formes dont on sait qu’elles ont un sens pour l’autre, c’est prendre possession d’un pouvoir.

Laurence Bedoin est professeur agrégée d’arts appliqués à l’école Estienne, co-lauréate du concours de l’Éducation nationale pour la création d’un modèle d’écriture scolaire, co-auteur de la collection « La Boîte à lettres » chez Nathan.


Montrer un florilège des cahiers réservés à l’écriture et des méthodes en ma possession. Expliquer l’esprit de la lettre, le geste écrit, l’attitude d’écriture. Expliquer que bien écrire n’est pas qu’écrire : qu’il y a beaucoup de choses sous-jacentes induites dans l’apprentissage des signes initiaux, à travers l’attitude de l’enseignant et des écoliers, les outils et les supports. La ronde et la cursive scolaire.

Henri Mérou est calligraphe versé dans les écritures scolaires – « la belle écriture » –, ses apprentissages, ses outils et ses supports, particulièrement les cahiers d’écoliers et les méthodes d’écriture. Son travail auprès des écoles primaires lui autorise une approche rapide et utile, de l’apprentissage de l’écriture aujourd’hui en questionnant sur le pourquoi, le comment et pour qui sert l’écriture.

En 1988, Marc Combier prend la suite de Gérard Blanchard en tant que président des Rencontres. La suite pas tout à fait, car les sessions des années 70 et 80 avaient ouvert les Rencontres largement aux thèmes chers à Blanchard, la musique, les schémas, la télévision, et autres sujets philosophiques ou universitaires. Marc Combier avec une équipe renouvelée avait reçu comme une mission le conseil de François Richaudeau, recentrer les Rencontres sur leur vraie identité : la typo. Souvenirs, souvenirs d’une période clé dans les métiers graphiques : l’arrivée du Macintosh et des nouveaux typographes.

Marc Combier Formé à Estienne, Marc Combier découvrit Lure en 1970. Il en devint vice-président en 1976 puis président de 1988 à 1998. Il œuvre depuis 40 ans en tant qu’auteur-éditeur s’intéressant à la photo, à la typo, au cinéma et à la gastronomie.


De nombreux enfants sont diagnostiqués « dysgraphiques » : ils écrivent « mal ». Mais qu’ont-ils retenu de l’écriture ? Quel rapport ont-ils pu entretenir avec la lettre, avec le mot ? Ma pratique me montre que souvent, les enfants n’ont pas incorporé l’alphabet. Ils ont besoin de revisiter le dessin de la lettre : sa forme fondamentale qui la distingue de toute autre image. Ils ont besoin de se forger leur propre repère créatif, contenu dans un espace et dans le temps. Le corps aide à scander l’écriture par le rythme qu’il chuchote et par l’espace qui favorise la fluidité du geste.

Claire Hollenstein est ergothérapeute et fille de typographe. Elle aborde la rééducation de la dysgraphie par les jeux de la lettre et une expression des sens. Son objectif est de faire vivre le corps dans une fluidité du geste et du mouvement en activité, alliant les sens, l’espace et le temps.


Dans cette intervention, Julien Chazal, calligraphe professionnel, donnera un aperçu de son travail et de son approche de la calligraphie contemporaine. La relation à l’outil, au corps et au souffle, a ici tout son sens. Une vision de la lettre dynamique et en recherche constante.

Né en 1971, Julien Chazal devient très tôt artiste, passionné de dessin, peinture et calligraphie. Il enseigne, publie des ouvrages de calligraphies et travaille pour de nombreuses entreprises dans l’univers du luxe.