2009 
Secrets, les énigmes de l’écriture et de l’image

57e semaine de culture graphique

Les secrets sont faits pour être partagés, mais pas avec n’importe qui. Pour les transmettre sans les divulguer : des écritures et images lisibles et illisibles à la fois qui cachent et brouillent ce qu’elles devraient transmettre. Tout à l’opposé, certaines dévoilent beaucoup plus que prévu, trahissant nos secrets et les livrant au décryptage et à l’interprétation, car on en écrit toujours beaucoup plus qu’on ne croit.

Lisible et illisible, illusions et vanités, inavouable et inécrivable, une fois encore, les Rencontres de Lure montrent que ce qu’on appelle « le fond » d’une question trouve bien des réponses dans la forme… et c’est aux petits et aux grands secrets que les auteurs, graphistes, plasticiens, chercheurs et typographes nous initieront.

Les intervenants

Avec l’identité visuelle d’une vingtaine d’affiches pour l’ouverture du Centre de Création Industrielle Jean Widmer crée une des premières identités visuelles en France. Dès lors il s’oriente vers celles des grandes institutions nationales et l’image d’utilité publique. Ses principaux commanditaires : les autoroutes du Sud de la France, le Musée d’Orsay, la Bibliothèque de France, l’Institut du Monde Arabe, les système de signalisation des aéroports de Roissy et d’Orly.

Jean Widmer est né à Frauenfeld en Suisse en 1929. Il suit des études à l’école des arts appliqués de Zurich, à cette époque sous la direction de Johannes Itten, personnage clé du Bauhaus. Il s’installe à Paris en 1953 puis devient directeur artistique de la SNIP, aux Galeries Lafayette et au Jardin des modes. Il crée son propre atelier Visuel Design et enseigne le graphisme à l’École National Supérieur des Arts Décoratifs jusqu’en 1996.

Françoise Barbe-Gall

#

Regarder un tableau

Avec l’identité visuelle d’une vingtaine d’affiches pour l’ouverture du Centre de Création Industrielle Jean Widmer crée une des premières identités visuelles en France. Dès lors il s’oriente vers celles des grandes institutions nationales et l’image d’utilité publique. Ses principaux commanditaires : les autoroutes du Sud de la France, le Musée d’Orsay, la Bibliothèque de France, l’Institut du Monde Arabe, les système de signalisation des aéroports de Roissy et d’Orly.

Jean Widmer est né à Frauenfeld en Suisse en 1929. Il suit des études à l’école des arts appliqués de Zurich, à cette époque sous la direction de Johannes Itten, personnage clé du Bauhaus. Il s’installe à Paris en 1953 puis devient directeur artistique de la SNIP, aux Galeries Lafayette et au Jardin des modes. Il crée son propre atelier Visuel Design et enseigne le graphisme à l’École National Supérieur des Arts Décoratifs jusqu’en 1996.

Yves Perrousseaux

#

Combinatoires

Avec l’avènement de l’ère moderne du livre devenu autonome apparaissent ces caractères typographiques modulaires que nous appelons « vignettes ». Elles vont évoluer pour être combinées les unes avec les autres et former des motifs plus ou moins complexes : curieuses compositions typographiques utilisées pour réaliser des marqueurs, bouts de lignes, culs-de-lampe, bandeaux, encadrements et « pavages »…

Yves Perrousseaux a fondé l’Atelier Perrousseaux spécialisé dans la communication industrielle technique. Éditeur, il publie des ouvrages technico-didactiques et culturels (typographie, mise en page…) Passionné par l’histoire de la typographie il est l’auteur de l’Histoire de l’écriture typographique, une grande fresque historique en plusieurs volumes.

Christian Bessigneul

#

Histoire d'un projet

L’idée d’un chemin peut en cacher bien d’autres ! En matière de création et d’aménagement de territoires, les pistes ne sont pas tracées, les règles n’existent pas et les codes sont ceux des cultures confrontées. L’association a accepté de rendre visible l’attachement affectif d’une nature, d’une architecture et de multiples aventures de métier. Ce n’était pas si évident à conceptualiser… Après une gestation somme toute, usuelle, le bébé est là, il propose des ballades exploratoires, des partages de connaissance, des propos de méditation et des extensions.

Né en 1944, près des volcans d’Auvergne, est étudiant puis professeur de gravure à l’école supérieure Estienne. Aujourd’hui émérite, il accompagne régulièrement la gestion de projets culturels. Membre actif de l’association depuis 1991.

La réalisation concrète du « Chemin des écritures » témoigne maintenant dans la pierre du lien indéfectible unissant le village de Lurs aux Rencontres internationales de Lure. Cet aménagement, dont le projet a été initié par les Rencontres il y a plus de dix ans, marque l’attachement et l’intérêt de la région et de ses habitants pour l’écrit et la typographie. Réalisé dans le respect de son cadre, un des plus beaux villages classés de Provence, il lui apporte un atout culturel supplémentaire et témoigne aussi de sa vitalité actuelle.

Installé près de Grenoble, l’atelier Thierry Gouttenègre est spécialisé en création typographique et travaille principalement sur des projets d’aménagements signalétiques et muséographiques. Parallèlement, Thierry Gouttenègre a assuré pendant six ans les cours de typographie et de WebDesign à l’école nationale des Beaux-Arts de Lyon.

Comment, au fil du temps, ce projet de bibliothèque des écritures a-t-il emergé, venant constituer une des pierres du Chemin des écritures ? Retour sur la génèse du projet : choix graphiques, expérimentations au quotidien, plaisir de travailler les matériaux… La bibliothèque, un projet qui me ressemble finalement…

Après mes années d’études à l’école Estienne et l’obtention en 2003 du DSAA Création Typographique, j’ai d’abord travaillé dans l’édition de livres d’art dans une agence parisienne. Je suis actuellement graphiste indépendant et mon travail s’est recentré sur la calligraphie et l’enseignement (association DUCTUS, école Estienne).

Laurence Durandau

#

Fil d'Ariane

Marquer le sol, baliser un itinéraire pour une déambulation qui n’oublie pas le rêve, la poésie retrouvée ou à retrouver… et puis encore, s’amuser à reconstituer quelques expressions de la “fabrique” des typographes avec la magie d’une pierre gravée.

Graphiste (et illustratrice occasionnelle}, formée à l’ESAG Penninghen, exerce dans l’édition après une expérience dans l’univers théâtral. À rejoint les rencontres en 2004.

Comment, au fil du temps, ce projet de bibliothèque des écritures a-t-il emergé, venant constituer une des pierres du Chemin des écritures ? Retour sur la génèse du projet : choix graphiques, expérimentations au quotidien, plaisir de travailler les matériaux… La bibliothèque, un projet qui me ressemble finalement…

Après mes années d’études à l’école Estienne et l’obtention en 2003 du DSAA Création Typographique, j’ai d’abord travaillé dans l’édition de livres d’art dans une agence parisienne. Je suis actuellement graphiste indépendant et mon travail s’est recentré sur la calligraphie et l’enseignement (association DUCTUS, école Estienne).

Il était une fois en Afrique le dernier peuple encore inconnu des Occidentaux. Leurs ancêtres étaient des créatures d’une autre terre, mi-lettres, mi-humains. Mais leur Dieu, un jour, les a punis en séparant leur corps des lettres, et voilà comment les humains et les langues ont été créés. Ces statuettes d’argile sont leurs divinités.

Typographe israélien, graphiste et expérimentaliste typographique. Il étudie à Jérusalem (Bezalel Academy of Art & Design) et fonde en 2000 son propre studio à Givatayim ; où il se spécialise dans l’identité de marque et le design typographique de caractères latins et hébreux.

Depuis quelques années Christophe réalise des alphabets sur mesure pour des marques ou des entreprises. Il nous révèle ici quelques projets de créations typographiques exclusives qui n’ont pas été ouvertement publiés.

Créateur de caractères indépendant depuis 1996, il a une formation en typographie et photocomposition. Il créé ses premiers alphabets pour des entreprises ou des marques vers 2000. En 2004, il remporte le Trophée d’Or Intergraphic de la création typographique avec le caractère Ubisoft. Il a réalisé de nombreux projets de caractères sur mesure pour Alstom, Astérix, Auchan, Lancôme, Maaf, Pimkie, Ubisoft, Vinci, etc. Depuis 2005, il enseigne à l’Académie Charpentier à Paris.

Pourquoi créer une langue artificielle ? La doter d’un alphabet ? En vue d’un anti-Nobel de Harvard ? Pourquoi pas ? Créer un univers virtuel, un jeu de rôles, inventer ses langues et alphabets… Les alphabets artificiels et fantasques, voire loufoques, sont à la fois rares, peu utilisés, mais rigolos.

Journaliste, angliciste (auteur de Femmes & Métiers du Livre, Women in the Printing Trades), ancien auditeur de l’ÉPHE, section Histoire du Livre, ex-chroniqueur spécialisé typographie et PAO.puis 1999 sur Voynich et le premier en France à l’avoir introduit sur le web.

Grâce, au prix Femina décerné à un écrivain romanesque Blas de Roblès, nous redécouvrons un chercheur du 17è siècle célébre à son époque, auteur de 40 livres sur des sujets, multiples, des mathématique à l’astronomie et à l’archéologie. Un oubli justifié par toutes ses erreurs, mais qui méritent d’être nuancées grâce aux qualités des nombreuses illustrations qui jalonnent ses oeuvres notamment sur l’Egypte des Pharaons.

Marian Bantjes’ work often plays with the hidden message, sometimes implied in the writing, and sometimes worked directly into the art. As a fan of complexity, Marian often finds ways to make patterns work as both image and text. The geometries and dissection of text are components in her work, as well as playing wit hthe boundaries of legibility. Marian believes that sometimes more can be obtained from having to work at the meaning than the direct slap of instant legibility-provided the context is right! Marian will show examples of her work, dissecting some of them into the components which make them function, to reveal the hidden skeletons in the complex patterning.

Marian Bantjes has been variously described as a typographer, designer, artist and writer. Working from her base on a small island off the west coast of Canada, her personal, obsessive and sometimes strange graphic work has brought her international recognition. Following her interests in complexity and structure, Marian is known for her custom typography, detailed and lovingly precise vector art, her obsessive hand work, her patterning and ornament. Her work has been published in books and magazines around the world, and is included in the permanent collection of the Cooper-Hewitt National Design Museum (Smithsonian) in New York. In 2008, she was accepted as a member of the prestigious international design organization, Alliance Graphique Internationale (AGI).

François Almaleh

#

Le manuscrit Voynich

Le manuscrit Voynich (vers 1500), reste l’une des énigmes cryptographiques littéraires des plus ardues. Il intègre plusieurs sujets interconnectés : l’histoire, l’image et son interprétation, la graphologie, l’écriture, le secret, l’alchimie, le mystère, et à certains égards la métaphysique.

44 ans, passionné de littérature et d’art. Micro-éditeur (Ecritextes). Auteur d’un livre sur Francis Ponge. Travaille depuis 1999 sur Voynich et le premier en France à l’avoir introduit sur le web.

À travers une commande dite culturelle, comment peut-on donner à lire et à voir des messages et des images parfois complexes, ambigus et ouverts, capables d’inclure l’imaginaire et la liberté d’interprétation du spectateur? Comment des jeux narratifs secrets peuvent-ils installer une communication forte et identitaire?

Helmo c’est Thomas Couderc et Clément Vauchez. Helmo à été crée en 2007 et fait suite au collectif La bonne merveille fondé en 2002 à Montreuil.

Raphaël de Courville

#

Le tracé magique

Retenir l’enchaînement des manipulations dans un tour de cartes pose un réel problème pour nombre de prestidigitateurs : ni les textes, ni les vidéos ne donnent une vision d’ensemble d’un tour au premier coup d’oeil. Mais comment rendre lisible une notation “magique” qui, par définition, est porteuse d’un secret ?

Raphaël de Courville a 26 ans, diplômé de l’École Estienne en création typographique, il étudie à l’ESAD d’Amiens au sein du post-diplôme et participe à un projet de recherche sur la langue des signes.

Marcel Görhing propose une excursion à travers ses œuvres en éclairant les principes de son travail de recherche inspiré par la spontanéité, la curiosité, ses goûts de collectionneur et ses penchants de «bricoleur».

Après une formation de mécanicien, il découvre la linogravure; aux Beaux Arts de Bâle se consacre aux techniques d’impressions puis monte son propre atelier où il collectionne des matériaux d’imprimerie et expérimente un bricolage inventif. Son travail est exposé et récompensé.

Didier Mathieu

#

Secret ? Certes.

Outre quelques livres dont la forme même procède littéralement d’une mise au secret seront évoqués les huis-clos, les «travaux discrets», les écritures cryptées, le black-out du livre, l’énigme et la connivence, les œuvres «à diffusion confidentielle», le récit intime, les confidences, l’œuvre cachée et l’œuvre apparente… et enfin les anagrammatiques combinaisons de mots et de lettres, si prisées par certains poètes concrets…

Didier Mathieu est directeur du Centre des livres d’artistes (Saint-Yrieix-la-Perche). Commissaire d’une trentaine d’expositions, il a dirigé trois ouvrages monographiques sur Bernard Villers, Herman de Vries et Lefevre Jean-Claude. Il est aussi membre de l’AICA : Association internationale des critiques d’art.

La mobilité au moyen des transports publics est un enjeu majeur de la ville contemporaine. Elle demeure un droit à conquérir sur le terrain pour le public handicapé. Pour les handicapés visuels en particulier, l’accès à la description d’un réseau de transports publics, conditionnent à la fois l’accès à la mobilité et à une grande part de la vie sociale. Cet accès reste problématique, partiel, voire impossible. Nous avons essayé de répondre à cette situation par la conception d’un prototype d’Atlas tactile et en grands caractères des transports publics d’Île-de-France.

Né en 1973 et formé à la typographie à l’école Estienne. Mon approche éclectique du graphisme - création typographique, édition, identité visuelle, signalétique, muséographie, etc. - me permet d’aborder de nouvelles problématiques toujours stimulantes. Depuis 2003, je partage ma vie et mon travail avec Sandra Chamaret. Nous travaillons sous la signature collective de « Grand Ensemble ».

Pascale Evrard

#

Auto bio graphisme

Pour introduire à une manière de manier images et mots, je présenterai brièvement mon travail de commande. Puis, pour atteindre le vif du sujet, je présenterai les éditions du temps qui passe, opuscules auto bio graphiques, dont un « inédit » inspiré par la circonstance de la conférence elle-même. en circonférence et circonvolutions, et par extension…

Diplômée des Arts Décoratifs de Paris (en image imprimée) en 1992, elle exerce une activité de graphiste illustratrice indépendante depuis 1994. Elle vit à Paris depuis bientôt 10 ans, et partage un atelier prés du canal Saint-Martin.

Si elle peut provoquer angoisse et paralysie chez le scripteur plus ou moins inspiré, la feuille blanche qui porte en elle son génome et les traces plus ou moins marquées de sa gestation peut se mettre à parler, quand elle est très en forme (!), et même devenir étonnement bavarde si l’on sait lui prêter un oeil attentif.

Professeur à l’École Estienne Travail de recherche en cours sur : les papiers fabriqués dans le monde arabo-islamique entre 751 et 1351.

Frédéric Durieu

#

Poésie Algorithmique

Polytechnicien de formation, Frédéric Durieu est un artiste développeur spécialisé dans le design de l’interactivité. Sa démarche se caractérise par une constante recherche de la poésie, celle que lui inspire la nature. Ses programmes sont mus par des codes informatiques complexes et génératifs basés sur des lois physiques transcrites en algorithmes mathématiques (poésie algorithmique). Entre 1993 et 2000, il réalise de nombreux CD-Rom. En 1998, il est co-auteur de l’Alphabet, une référence dans le monde du CD-Rom, qui a reçu de nombreux prix. En 2000, il fonde la société LeCielEstBleu, une galerie d’art interactif, dont les réalisations sont exposées dans le monde entier.

Journal personnel en ligne : cherchez l’intrus. Comment le secret se donne-t-il en partage à travers l’écran ? Nous tenterons de suivre ses traces formelles, typographiques et les atours dont il se pare sur Internet, où il se donne à lire, à voir, où il se dévoile…

Circulant entre les matérialités, les gestes et les intentions, Oriane Deseilligny s’intéresse à l’écriture de soi, à ses codes, ses supports et sa mise en forme. Elle est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris Nord.

Qui regarde, qui écoute, qui se place où pour montrer quoi ? Il se présente, se re-présente … Positionnement ludique, distanciation dans l’adresse, dans l’espace aussi. Il montre les sons et trouble les pistes en interpellant aussi sa propre voix « off » ; un secret bien caché sous les épaisseurs du récit?

Cinéaste, conceptrice hypermédia et très intéressée par l’interactivité. J’ai longtemps filmé l’architecture, et quand je suis tombée dans la marmite typographique, je n’ai pas été dépaysée : il est toujours question de vide et de plein et du positionnement dans un espace.

Marie-France Clarous-Peyraud

#

L'origine du monde

Marie-France Clarous-Peyraud porte, accompagne, livre cette Mythologie grecque de manière très simple, comme une conversation, de sorte que les choses (liens, perceptions, relations entre auditeurs, circulation de la parole, réception du langage, silences, haltes, séquences des récits…) se déroulent naturellement, avec évidence, le plus simplement du monde. Il n’y a là aucune recherche d’effets, aucune spectacularisation, au point que tout ce qui se dit, tout ce qui advient paraît complètement être intégré à la vie…

De l’Epopée de Gilgamesh à la Mythologie grecque, en passant par l’adaptation de nouvelles contemporaines de Miguel Torga, elle se plaît à visiter le monde et à créer le sien à sa mesure, de façon singulière, avec émotion, passion et curiosité.

En ce début de 9e siècle où l’immense empire carolingien cherche sa cohérence, Raban Maur, moine, théologien, mystique visionnaire et graphiste inspiré publie son recueil de 28 poèmes figurés en hommage à la croix. Il y inscrit, au coeur d’un vertigineux labyrinthe de lettres en proie à l’illisible, la centralité rayonnante d’un signe unique, promesse d’ordre et de salut secrètement brodée à l’épaisseur du texte. Ici nul autre fil d’Ariane à attendre que la ligne d’écriture même…

Anne Zali est conservateur général responsable du service de l’action pédagogique à la Bibliothèque nationale de France. Co-commissaire des expositions : «Naissances des écritures», «La page», «Torah, Bible, Coran, livres de parole».

Poète belge fondateur du mouvement Cobra, Christian Dotremont écrit écrit en un seul jet, à partir de 1962, des textes difficilement lisibles qu’il nomme logogrammes. Parce que « voir est plus fort que regarder » (Musashi).

Né en 1954, Michel Balmont enseigne les lettres et le cinéma à Saint-Étienne.

Richard Niessen

#

Dessus-dessous

Richard Niessen graduated from the Gerrit Rietveld Academy in Amsterdam in 1996. Inspired by Ettore Sottsass (founder of the Memphis group) and the Scottish-Italian sculptor Eduardo Paolozzi, artists that similarly seek out the tension between structure and going overboard, Niessen developed his own systematic approach to design. Niessen gives projects a distinct language, a secret vocabulary that makes each piece stand out. He has worked for among many others the Stedelijk Museum, artist Jennifer Tee, his own band the Howtoplays and Atelier Rijksbouwmeester. Since 2007 he works together with Esther de Vries as Niessen & de Vries.

My lecture will be about ‘secret’ graphic languages, how they develop from the assignments, how they are layered by their own rules and elements as if they are toolkits to play with. In our work we always try to make the receiver part of these graphic worlds, the reading of a book can turn into an event.

Serge Tisseron

#

Secrets de famille

Pour parler de secret, il faut que quelque chose d’important ne soit pas dit et qu’il soit interdit de savoir que c’est caché. La plupart des secrets déstructurants sont liés à des expériences traumatiques vécues par une génération et mal assimilées - digérées - par elle. Ce qui n’est pas dit avec des mots se trouve alors manifesté de façon non verbale. Ce sont les suintements du secret.

Serge Tisseron, psychiatre, psychanalyste, est auteur de Tintin et les secrets de famille, Séguier, 1990, Aubier, 1992, Tintin et le secret d’Hergé, Hors collection, 1993, Secrets de famille, mode d’emploi, Ramsay, 1996, La résilience, Que sais-je ?, 2007.

Un livre noir, où le noir est un leurre coloré. Une identité visuelle, comme un jeu de construction typographique aux combinaisons infinies. Des fac-similés donnés à re-lire à travers le prisme des surimpressions. À travers 3 projets, nous verrons comment la couleur peut devenir un révélateur typographique: révélateur de sens et révélateur sensible.

Née en 1977, diplômée en 2000 des Arts Décos de Strasbourg, Fanette Mellier travaille pour des commanditaires variés dans le domaine culturel. Son travail s’articule, avec une porosité certaine, entre projets de commande et de recherche, autour de la question de l’objet imprimé.

Le Tigre = Meltz | Bianchi

#

Le chemin de fer invisible

« Mais comment vous choisissez vos sujets ? » Pour répondre à cette question entendue des centaines de fois, Le Tigre a décidé de révéler ses secrets de fabrication et de décrypter le fameux chemin de fer « making-off » qui orne les dernières pages du magazine. Liens invisibles entre articles, contraintes graphiques secrètes, rebonds d’une partie à l’autre, changements de dernière minute : le ciment qui fait « tenir » le sommaire d’un numéro sera pour la première fois rendu public.

Le Tigre est un « curieux magazine curieux » fondé par Lætitia Bianchi et Raphaël Meltz en 2006, et faisant suite à leur revue R de réel. Vendu en kiosques et en librairies, Le Tigre est un magazine atypique qui revendique sa différence. Sans publicité, sans couvertures tapageuses, il est doublement curieux : étonnant, et ouvert au monde. Le Tigre aime le téléscopage, le décalage, l’ailleurs, l’ironie. Après des débuts hebdomadaires, le magazine est devenu mensuel en 2007, et bimestriel en 2008. Trente-deux numéros sont parus.